Sur la route du Mâconnais

Août of office*

On y est ! Le mois d’Août a enfin pointé le bout de son nez et avec lui, la grande transhumance des départs en direction du Sud de la France et des plages de la Méditerranée. C’est aussi synonyme de la fin de mon année dans les vignes en Bourgogne, de l’obtention de mon BTS Viticulture-Oenologie ET d’un emploi dans le monde du vin. Affaire à suivre ! Je vous remercie pour votre lecture, votre soutien, vos encouragements ici, et dans la vraie vie qui m’ont accompagnés dans cette année passée en un claquement de doigts.

Avant de vous souhaiter de bonnes vacances, je voudrais vous emmener dans le Mâconnais, cette région viticole qu’on appelle aussi la Bourgogne du Sud et qui vaut sacrément le détour : pour une pause déjeuner, une dégustation dans un domaine viticole et pourquoi pas, soyons fou, un arrêt pour une nuit. Si vous aussi, vous partez en congés, vous emprunterez peut-être l’A6, cette autoroute encombrée qui sent bon les vacances et qui passe par le Mâconnais.

Vous me direz que je ne suis pas objective. Certes. J’y ai vécu une année, j’ai arpenté ses coteaux et ses resto, et j’ai comme qui dirait un lien affectif pour le coin mais je peux vous assurer que je ne suis pas la seule. Alors, comme cela fait trois semaines que j’ai quitté la région avec un petit pincement au coeur, je dois vous l’avouer, je partage avec vous mes bonnes adresses au cas où vous voudriez vous y aventurer !

Ô Mâcon !

37226691_10211862554934594_7551257602559049728_nEn plus d’avoir vu naître Lamartine et Antoine Griezmann, Mâcon a une troisième icône locale et non des moindres : le vin. Et même si elle est située à seulement 40 minutes au nord de Lyon, Mâcon est bien en Bourgogne, dans le département de Saône-et-Loire (71).

Certains amateurs de vin snob vous diront que ce n’est pas la vraie Bourgogne. Au mieux, les ignorer. Au pire, leur répondre qu’ils ont 20 ans de retard ! Car si pendant longtemps, le Mâconnais était considéré comme le cousin plouc de la Côte de Nuits ou de la Côte de Beaune – encore pire que la Côte Chalonnaise c’est vous dire – on y déniche depuis quelques années déjà des pépites, que dis-je, de grands vins, le tout dans un esprit moins guindé qu’au nord où on accepte les visites et où on ne vous répond pas qu’il n’y a pas de vin à vendre. On ne compte d’ailleurs plus les articles vantant les mérites de la région : « super rapport qualité-prix », « aussi bon que du Montrachet », « le renouveau du Mâconnais »…Depuis le début des années 2000, un groupe d’irréductibles vignerons s’est créé Les Artisans Vignerons de Bourgogne du Sud et cherche à faire progresser la qualité des vins de la région : vendanges manuelles, travail du sol,  désherbage mécanique, limitation des intrants, indépendance des caves coopératives…La plupart des vignerons que je cite font ou ont fait partie de l’association.

Trois étapes dans le Mâconnais

Les vignes du Mâconnais sont situées à l’ouest de Mâcon et commencent dès Sennecey-le-Grand au nord (limite de la Côte Châlonnaise) jusqu’à Saint-Vérand au sud (limite du Beaujolais). A l’est de Mâcon, de l’autre côté de la Saône, on trouve la plaine de la Bresse et ce sont plutôt des terres à poulet ! Le Mâconnais représente 25% de la production viticole bourguignonne dont 80% de chardonnay. On produit donc surtout du vin blanc mais on trouve aussi des vins rouges produits avec du pinot noir, Bourgogne oblige, et du gamay, lié à la proximité avec le Beaujolais. L’appellation Pouilly-Fuissé est la plus renommée mais Saint-Véran, Viré-Clessé, Mâcon-Chaintré, Mâcon-Loché se défendent très bien elle aussi. On peut également trouver de bons Mâcon blanc ou rouge. Comme toujours, tout dépend du vigneron. Et cela marche pour toutes les appellations d’origine contrôlée.

1er arrêt :  faire un stop au nord de Mâcon

Sur l’A6, prendre la sortie 27 en direction de Tournus et faire un premier stop chez Julien Guillot à Cruzille, au domaine des Vignes du Maynes. Volubile et passionné, Julien a repris les vignes de son père Alainau début des années 2000 et produit des vins blancs et rouges d’appellation Mâcon ou Mâcon-Cruzille en biodynamie qui ont atteint une belle renommée. Gros coup de coeur pour ses rouges : finesse, fruit, profondeur…Les cuvées 910 (assemblage de pinot noir, gamay, chardonnay), Manganite (100% gamay) et  Auguste (100% pinot noir) sont des références. Dois-je préciser qu’elles sont vinifiées sans soufre ajouté ? Possibilité de visiter et d’acheter sur place. Appelez avant absolument !

Ses cousins Emmanuel et Patrice Guillot-Broux du domaine Guillot-Broux, situés à Cruzille, font également de bons vins. J’ai pu déguster leurs cuvées de rouge à un salon mais je n’ai jamais été sur place. Les contacter sur : domaine.guillotbroux@wanadoo.fr pour une visite / dégustation.

À quelques kilomètres, à Bray, on trouve le domaine La Vigne Mouton de Delphine et Sébastien Boisseau, anciens coopérateurs qui ont pris le chemin de l’indépendance et de l’agriculture biodynamique. J’ai beaucoup aimé leur cuvée de rouge le Mouton Noir (100% gamay). Très engagé, Sébastien s’est lancé dans la production de greffons, partie aérienne des pieds de vigne, généralement achetés auprès de pépiniéristes avec ses copains vignerons Frantz Chagnoleau et Nicolas Maillet – qui produit en passant un très bon Aligoté, l’autre cépage blanc autorisé en Bourgogne.

2ème arrêt :  faire l’inévitable ascension de la Roche de Solutré

Prendre la D82 et rouler vers le sud en direction du village de Solutré. Vous passerez tour à tour les villages d’Igé, Verzé, la Roche Vineuse. Possibilité de faire un crochet par Milly-Lamartine pour visiter la maison d’Alphonse de Lamartine et de passer ensuite par les villages de Pierreclos, Vergisson et enfin Solutré.

Le village de Solutré est situé sur les contrebas de la Roche. C’est tout petit et on se demande bien pourquoi Mitterrand a choisi d’y faire son lieu de pèlerinage journalistique chaque année. L’ascension de la Roche est gratuite. Comptez 30 minutes en montée et 25 minutes en descente. La vue d’en haut est splendide. Lorsqu’il fait beau, vue sur le Mont Blanc imprenable ! Et on dit qu’il pleuvra le lendemain. S’il y a trop de monde, vous pouvez opter pour l’ascension de la Roche de Vergisson dans le village à côté.

Pour déjeuner, plusieurs solutions : La Courtille à Solutré ou le bistrot de l’Ô des Vignes à Fuissé. Vous pouvez également vous arrêter acheter du vin dans deux caves à vins qui ont du choix : la Cave des Deux Roches à Prissé et la Cave des Tournons à Charnay-lès-Mâcon.

3ème arrêt : réussir l’opération Chardonnay

Continuer vers le village de Loché pour aller déguster chez Céline et Laurent Tripoz quelques bulles de leur crémant de Bourgogne nature ou de leur vin rouge le Chant de la Tour (100% pinot noir). Ils disposent d’un caveau ouvert à la vente directe. En biodynamie.

Prendre ensuite la direction du village de Fuissé. Dans le village, une adresse compte : celle du domaine Robert-Denogent tenu par les frères Nicolas et Antoine Robert, chaleureux, festifs, souriants et toujours prêts à vous faire déguster. Mes cuvées préférés se sont leurs blancs : Pouilly-Fuissé Les Pommards, Pouilly-Fuissé Les Cras et Viré-Clessé Les Chazelles, et leurs blagues.

Reprendre la route ensuite en direction de Chaintré et tourner à droite vers le lieu-dit Les Rontets. Quelques mètres plus loin, caché au fond d’une allée majestrale, on trouve le Château des Rontets. Un terroir unique à 370 m d’altitude, une vue imprenable sur les monts du Mâconnais. Entiers, cultivés, sincères, Claire et Fabio Gazeau-Montrasi produisent plusieurs cuvées de blanc dont la délicieuse cuvée de Pouilly-Fuissé Les Birbettes à la finale saline reconnaissable entre mille. En agriculture biologique depuis 2005. Ils ont également quelques rangs de vignes dans le Beaujolais et leur cuvée Saint-Amour Côte de Besset est un pur jus de gamay comme j’aime.  Si vous goûtez le 2017, j’ai participé à sa vinification ! C’est ici que j’ai fait mon stage et que j’ai passé une année géniale.

Dernier arrêt à Chaintré.

D’abord chez Cécile et Philippe Valette, dont les blancs sont solaires, généreux et sans soufre. Tout est bon mais préférence pour leurs cuvées de chardonnay Mâcon-Chaintré, Viré-Clessé et Pouilly-Fuissé Le Clos de Monsieur Noly. Deux personnes affables et adorables pour couronner le tout !

Il y a enfin le domaine de Lavernette à la sortie de Chaintré, en direction de Leynes. Kerrie et Xavier de Boissieu produisent une large gamme de vins blancs et rouges. Personnellement, j’aime beaucoup leur vin pétillant, Granit, dont j’avais parlé ici, et leur cuvée rouge Saint-Amour.

Finir par un restaurant étoilé à Chaintré, à la Table de Chaintré ou à Saint-Amour, dans le restaurant-bistrot Joséphine à Table. Un restaurant Ephémère est ouvert pendant l’été à Vauxrenard. Super carte des vins et plats frais. Pour faire une réservation appelez 07.72.09.81.35 ou envoyez un e-mail à ephemerevauxrenard@gmail.com. Sinon, les infos sont ici.

Reprendre ensuite l’A6 !

Bonnes vacances et surtout, buvez du (bon) vin !

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Comme Audrey Hepburn, je pars en Italie !

Août of Office * = cela signifie qu’en Août c’est les vacances et qu’il ne se passera rien ici !

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